Éthique, Responsabilité personnelle

Éthique: trois questions à Daniel Riolo

Daniel Rolio est journaliste et chroniqueur pour l’ ”After Foot sur RMC. Le journaliste sportif met un point d’honneur au respect de l’indépendance du journaliste. Sans langue de bois, il nous explique les limites de cette liberté pourtant garantie par la charte des journalistes.

 

Dans une inter­view don­née au site de Wina­max en jan­vi­er dernier, vous vous décriv­iez comme un “extrémiste de l’indépen­dance”. Con­crète­ment, ça veut dire quoi ?

D’abord, je pense qu’il faut éviter de se posi­tion­ner en don­neur de leçons. L’indépen­dance dont je me pré­vaux est avant tout une chance et une lib­erté qu’on me donne. Être com­plète­ment libre, cela vient avec le temps quand un rédac­teur en chef per­met à son jour­nal­iste de s’ex­primer libre­ment, et le met ain­si sous sa pro­tec­tion. Mais quoi qu’il en soit, le prob­lème est que, dès lors que l’on ren­con­tre des gens, que l’on dîne avec eux, il y a déjà une con­nivence, une affec­tion. En décou­vrant un homme, on créé for­cé­ment un lien.

Est ce que votre volon­té d’indépen­dance vous a par­fois mis en posi­tion de désac­cord avec votre média ?

Oui, je me suis déjà attiré ce genre de prob­lèmes. Surtout en télévi­sion, où on m’a par­fois demandé de me calmer. J’ai moins eu ce prob­lème en radio. Le grand mal dont souf­fre le jour­nal­isme sportif est le rôle tou­jours plus grand des con­sul­tants pen­dant les émis­sions. Ce sont des hommes de ter­rain, d’an­ciens joueurs ou entraîneurs, qui sont for­cé­ment fam­i­liers avec les grandes per­son­nal­ités du monde du sport. Com­ment voulez-vous qu’ils ne soient pas dans la connivence ?

Le monde du sport est-il plus sujet à ce genre de “copinage” que dans d’autres types de journalisme ?

C’est par­ti­c­ulière­ment vrai dans le monde du sport. L’E­quipe, par exem­ple, est action­naire du Tour de France et doit donc pro­mou­voir l’évène­ment. Dif­fi­cile d’en dire du mal… Mais le jour­nal­isme poli­tique ain­si que le ciné­ma sont les plus con­cernés. Pen­dant les fes­ti­vals, les jour­nal­istes sont accueil­lis comme des rois, et il y a donc for­cé­ment une sorte de connivence.

Marie Haynes