Argent, Éthique, Indépendance

L’enjeu de l’indépendance financière des journalistes

La Charte des jour­nal­istes est à actu­alis­er. Sur les con­flits d’in­térêt, elle ne va pas assez loin. Les jour­nal­istes sont encore trop nom­breux à se faire acheter sans se ren­dre compte qu’ils fran­chissent une ligne rouge.

Jour­nal­istes à la mer­ci des finances : une indépen­dance mal­menée mais pas condamnée

Media train­ing, ménages, cadeaux… : com­ment les jour­nal­istes arrondis­sent leurs fins de mois

Jour­nal­istes et poli­tiques : quand la con­nivence ronge l’indépendance

La Charte doit être mod­i­fiée pour indi­quer claire­ment que ces pra­tiques sont à proscrire.

Voici ce que nous proposons :

Un jour­nal­iste digne de ce nom (…) :

• Ne touche pas d’argent, d’avantages matériels, ou de faveurs, dans un ser­vice pub­lic, une insti­tu­tion ou une entre­prise privée ou de la part de toute autre per­son­ne si sa qual­ité de jour­nal­iste, ses influ­ences, ses rela­tions seraient sus­cep­ti­bles d’être exploitées.

• N’use pas de la lib­erté de la presse dans une inten­tion autre que celle de délivr­er une infor­ma­tion au pub­lic fondée sur des faits.

Le pre­mier arti­cle ne pre­nait pas en compte cer­taines pra­tiques appliquées aux jour­nal­istes. Par exem­ple, l’organisation de media-train­ing par des jour­nal­istes qui tra­vail­lent indépen­dem­ment de toute agence de com­mu­ni­ca­tion. Ni les déje­uners et cadeaux offerts à la presse fémi­nine ou économique (arti­cle de mode, voyages…)

Le deux­ième arti­cle était trop vague, trop impré­cis. La liai­son entre les groupes financiers et le jour­nal­isme n’est pas nou­veau. Pour­tant, de plus en plus la pres­sion exer­cée se fait forte, et les restric­tions aus­si. Les tech­niques de com­mu­ni­ca­tion se renou­vel­lent aus­si, et mêlent main­tenant sans for­cé­ment l’annoncer, pub­lic­ité et journalisme.

Sans compter les rela­tions étroites, par­fois sen­ti­men­tales entre poli­tiques et jour­nal­istes, qui nuisent à leur objectivité.